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Téléphones portables et sommeil

Téléphones portables et sommeil

Dernière mise à jour : 04/06/2008

Les téléphones portables augmentent le risque d'insomnie

Une nouvelle étude suédo-américaine affirme que l'utilisation d'un téléphone portable juste avant de se coucher augmente le risque d'insomnie. L'hypothèse est la suivante: les ondes GSM excitent le centre du stress du cerveau, ce qui rend plus difficile l'atteinte du sommeil profond.

«La différence n'est pas énorme, huit minutes de moins de sommeil profond, mais elle est statistiquement significative», explique Bengt Arnetz, professeur de médecine aux Universités d'État de Wayne, au Michigan, et d'Uppsala, en Suède. «Au bout de plusieurs semaines, on a un déficit réel. Les participants qui se servaient d'un portable avaient aussi plus de susceptibilité, plus de maux de tête, et plus de symptômes dépressifs.»

L'étude, publiée dans Progress in Electromagnetic Research, comportait 70 participants qui dormaient trois nuits au laboratoire. La moitié d'entre eux étaient exposés à des radiations semblables à un téléphone GSM pendant trois heures - les cobayes des deux groupes ignoraient à quel groupe ils avaient été assignés. Ensuite, ils faisaient des tests cognitifs et remplissaient des questionnaires sur leur humeur, pendant une heure. Enfin, on les amenait vers le centre de recherches sur le sommeil, où les différentes phases de leur sommeil étaient suivies à la trace.

«L'exposition aux radiations est un peu extrême, en ce sens qu'il y a peu de gens qui passent trois heures sans interruption au téléphone juste avant de se coucher, dit le Dr Arnetz en entrevue téléphonique. Et la dernière génération de téléphones, 3G, émet moins de puissance parce que les fréquences sont plus hautes. Mais je pense tout de même que nous tenons là un effet réel qui a des conséquences pratiques.»

Les radiations allongeaient de six minutes (de 16 à 22 minutes) le temps que les cobayes mettaient à atteindre la phase du sommeil profond. Celle-ci durait huit minutes de moins, 37 minutes au lieu de 45 minutes.

Le Forum des fabricants de portables (MMF), qui a financé l'étude, a rapidement affirmé que ses résultats ne sont pas fiables, notamment parce qu'elle a été publiée dans un recueil de présentations données à une conférence l'automne dernier, et non dans une revue révisée par des pairs. Le Forum cite aussi l'OMS, qui considère officiellement que les radiations des portables et des tours n'ont pas de conséquences sur la santé.

L'an dernier, une étude belge ayant suivi 1600 adolescents pendant un an avait conclu que ceux qui parlaient à leur portable juste après s'être couchés, au moins une fois par semaine, avaient trois fois plus de risque de se déclarer «fatigués». Cette étude avait toutefois été critiquée parce que les participants connaissaient leur exposition aux radiations des portables.

L'étude du Dr Arnetz a tenté de pallier ce problème en recrutant un nombre important de sujets «électrosensibles», qui affirmaient être capables de «sentir» les radiations des portables. Ils constituaient la moitié de l'échantillon. Or, ils ont été incapables de dire plus souvent que les «non électrosensibles» s'ils faisaient ou non partie du groupe exposé aux radiations. En d'autres mots, l'électrosensibilité semble être un mythe, mais les effets des portables pourraient être bien réels.



Informations complémentaires : http://www.cyberpresse.ca/article/20080124/CPACTUEL/801240730/6685/CPACTUEL


 

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