Cette nuit, à 3 heures, il sera 2 heures. Les Français, comme leurs voisins européens, sont invités à remonter le temps, en retardant d’une heure montres, pendules et horloges. De quoi satisfaire a priori tout le monde. Pour les gros dormeurs, le passage à l’heure d’hiver (en attendant le retour de l’heure d’été, dans cinq mois) constitue un rab de couette providentiel.
Un intérêt économique
En France, le passage à l’heure d’été (fin mars) puis à celle d’hiver (fin octobre) a été instauré par le décret du 29 décembre 1975, pour des raisons d’économies d’énergie, alors que le pays essuyait les conséquences du premier choc pétrolier. Il s’agissait de faire coïncider les horaires d’activité et l’ensoleillement pour limiter le recours à l’éclairage. L’argument énergétique tient toujours, si l’on considère l’envolée récente du cours du pétrole, qui a ressuscité la bonne vieille « chasse au gaspi ». Selon de savants calculs menés par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), ce changement d’heure a permis, l’an dernier, d’économiser 440 GWh en éclairage, soit la consommation annuelle de 800 000 ménages. Et ainsi de diminuer les émissions de CO2, qui contribue au réchauffement climatique.
Des opposants à la peine
Depuis plus de trente ans, l’Association contre l’heure d’été double (Ached) martèle ses arguments contre le changement inauguré en 1976 : il perturberait le rythme biologique, l’humeur et la concentration des enfants et des personnes âgées. Pis : il augmenterait le nombre d’accidents de la route à cause du manque de vigilance engendré par le déficit de sommeil. Eléonore Gabarain, la présidente de l’Ached, en convient : « Notre association a quelques centaines d’adhérents. C’est bien moins qu’avant, car les Français se sont un peu résignés, depuis le temps. » Après avoir écrit — sans succès — au président américain, Barack Obama, dont elle pensait qu’il plaiderait sa cause au niveau international, elle s’est fendue d’un courrier cette année à Nicolas Sarkozy. « Son cabinet a répondu qu’il n’y avait pas de demande en Europe pour abandonner ce système. La vérité, c’est que la France a instauré l’heure d’été avant d’être suivie par les pays européens. Par orgueil, elle ne veut pas revenir en arrière », poursuit Eléonore Gabarain.
Des conseils pour bien passer le cap
Beaucoup disent avoir du mal à supporter le changement d’heure. Une chance pour les enfants : la bascule se fait cette année pendant les vacances scolaires. Il sera donc plus facile de les recaler. Pour que le changement d’heure soit efficace, mieux vaut ne pas modifier l’heure du coucher. La nature fera le reste : en hiver, on dort en moyenne une heure de plus que l’été. Autre conseil si vous ne voulez pas piquer du nez trop tôt : couvrez-vous. Avoir chaud permet en effet de lutter contre la sensation de sommeil.
Une conséquence, pour certaines personnes, des changements saisonniers qui est reliée aux rythmes circadiens est la dépression saisonnière.
Le manque de lumière de la saison hivernale entraînerait une variation de la production de la mélatonine et de l'activité reliée à la sérotonime. La mélatonine est une hormone impliquée dans la régulation de l'humeur et des rythmes biologiques. Elle est sécrétée par la glande pinéale la nuit, de la tombée du jour jusqu'au matin lorsque la lumière du jour frappe la rétine de l'oeil. La diminution du temps d'ensoleillement amène donc une hausse de la production de mélatonine, entraînant des changements au niveau de l'humeur, de l'énergie, du besoin de sommeil et de l'appétit.
Informations complémentaires : http://www.leparisien.fr/societe/remettez-vos-pendules-a-l-heure-30-10-2010-1129370.php